Le Mont Olympe

D après mon journal Moleskine Juillet 2010. Normalement, il existe à ce récit deux versions plus romancées. Toutefois, cela aura le mérite de vous présenter comment vous rendre au mont Mitikas à partir de Litohoro.

Litohoro

Projet initial : à 13 ans, j’ai écris mon premier roman sur le Mont Olympe. J’étais fascinée par l’histoire de la Grèce Antique. Portant les deux prénoms d’une même déesse, cela fascine énormément depuis l’enfance. C’est une époque charnière de la vie où l’on rêve d’être orphelin et doté de supers pouvoirs. A l’époque, je me disais  » quand je serais vieille j irai « .

J ai grandi et à 21 ans, j ai dessiné mon premier voyage en autonomie pour parcourir la Grèce en boucle en passant près de l’Albanie à l’époque en guerre civile. Ma meilleure amie de l époque a voulu se greffer au projet et voulait absolument voir Athènes aussi, on s est fait un trip Nord Sud en excluant la frontière Albane trop dangereuse.

Avec un seul objectif pour moi : grimper Mitikas.

Préparation : aucune. J’avais un an de Krav Maga derrière moi que j ai arrêté après une agression sexuelle et mes connaissances médicales et physiologiques. La vraie sportive de la famille, c est ma soeur.

J ai beau dire qu elle est tarée ( parachute , parapente, snow… ) je voue une admiration sans borne pour elle depuis qu’à 14 ans elle a fait du saut à l élastique.

Matériel :

  • Un sac à dos 40 l millet orange vif acheté à Go Sport en solde au dernier moment car j ignorais encore la notion de bagage cabine

Ayez un sac léger ! Le mien était de 45 litres et même si on a pris le strict minimum de Skala à Mitikas, c’était vraiment lourd.

  • Une paire de Lafuma acheté par ma mère pour mes 17 ans et accessoirement pour ma première randonnée en montagne. J ai tellement pourri notre guide de l époque quand le matin a samoens il nous annonce qu il ne nous prend pas parce qu on est des filles et trop jeunes donc des boulets. Au final on était toujours devant sauf les névés…

Prenez de bonnes chaussures de randonnée avec des crampons. Un grec m’a dit que j’étais comme un animal ( à moins que ce soit « c’est un animal qui t’a marqué la jambe ? ») et que les miennes étaient dangeureuses.

  • une sacoche de 3 ou 5l de médocs et de matériel de survie. Je regardais beaucoup Bear Gill et Xavier Maniguet était mon idole.
  • Mes bouteilles d eau congelées a l hôtel ( une idée de génie de ma part ) et de la micropure forte.
  • Pour le sommet, prévoyez un short, un Tshirt et une polaire ( indispensable à l’approche de Skala )
  • Pensez aux bâtons dans la descente
  • En nourriture on avait dévalisé la veille litohoro et j ignorais encore qu avec l altitude et l effort les Tucs passeraient mieux que le chocolat.

9 juillet 2010

9h départ de l hôtel

9h40 début du sentier E4

Sentier E4

15h06 arrivée à Priona

Restaurant de Priona

Actuellement à Priona où il fait bien plus frais. D’autres voyageurs s apprêtent à partir, peut être les retrouverons nous la haut. Si tout se passe bien, a 19h, on est au refuge A.

Il faut absolument réserver votre refuge longtemps à l’avance. La dame qui gérait le refuge a tout fait pour nous décourager arrivées en haut pour qu’on parte et libère la place pour d autres touristes. Franchement désagréable.

Hachi est très courageuse et vers la fin, je ne l’entendais plus râler et elle faisait moins de pause.

La dernière heure a été la plus dure pour moi. La fatigue se fait sentir et je désespérais d’arriver à Priona.

Priona

Le restaurant charmant au demeurant est minuscule. Derrière se dressent les montagnes indistinctes. C’est calme. Les WC sont crades. L’eau de la fontaine est fraiche.

Un strap Hachi et go !

Il va nous falloir du courage . Ca se dit comment en grec ?

20h01Refuge A

Mont Olympe

Arrivées à 19h15

On aura mis 3h30 et 50 pour arriver au refuge. C’était vraiment très dur! Vraiment. Après 1h de randonnée, je commençais à râler. Ma jambe gauche tirait… j’avais peur qu’elle lâche !

Pendant ces presque 4h, on a fait que grimper. Nos deux coeurs tachicardaient sans parvenir à se stabiliser.

C’était horrible ! 🙂

De la haut, c est magique, y a de la neige, il fait froid ( moins que dans le refuge ) , la végétation est plus dense, vive ( jaune, rose, blanche ) et éparses. Les bruits sont quasi inexistants.

Les gorges de l enipeas

Et c’est ce qui m’a le plus perturbé. Sur le chemin des gorges, il y avait les cigales, le bruit des cascades ( l eau est trop belle, fraiche, elle permet de se rafraîchir le visage et les jambes ).

Alors que là, en dehors de quelques randonneurs qui descendaient aucun bruit.

Après 3h le découragement nous gagnait quand on a entendu des voix. Un groupe de jeunes de 25 30 ans ( canadiens ? ) sont arrivés. Je leur ai expliqué la situation car plus tôt on avait rencontré un garçon charmant mais assez gêné de nous dire qu on était encore loin.

Du coup, le gars me demande « vous parlez francais ? ». J ai jamais été aussi heureuse de parler français. Je battais des mains comme une gosse. On a discuté un moment avant qu il nous dise qu on était a 20 minutes du refuge.

Je l aurais embrassé pour un peu ( il était bien… beaux yeux plutôt verts je crois )

Du coup, j étais motivée avec mon nouveau mantra.

Hachi accusait le coup

Je crois d’ailleurs qu ´elle est d une humeur de dogue et je suis peu complaisante à être démotivée.

Le refuge est simple et gelé

Par contre, il faut payer les repas… tout. Ni eau, ni pain gratuit. C’est horriblement cher et on ne s’y attendait pas. Peut être s’en passer alors demain?

Allez je me couche!

Je raconterai les gorges demain si on est encore vivante!

Le lendemain

1h40 de montée déjà

Mont Olympe

J ai froid et j ai peur. Cela parait debile dit comme cela mais je ne veux pas mourir. Je vais bientot être seule. Les plus courageux m ont tous dépassés. J ai jamais eu le vertige mais j’ai très peur de descendre.

A chaque pas vers Skala, la montée est rude. La pente importante et les cailloux glissent. Si j’y retourne pas, je vais geler.

Allez go!

3h52 de montée

Mitikas

Je suis au sommet. Je suis folle.

Les grecs sont vraiment gentils avec moi. Sans eux j aurai pas eu le courage de continuer. Du courage j en aurais besoin dans 17 minutes.

Un monsieur m a expliqué que Hachi aurait apparemment continué un peu et décidée de m’attendre en écoutant de la musique. J espère qu’il fait meilleur temps pour elle.

Il est 11h32 : il reste la descente de Mitikas et Skala à faire. Je le sens pas trop. Je resterai bien là.

En chemin pour Skala

Parce que j’ai peur malgré mon sourire.

Ce matin, j’ai émergé à 6h15 malgré mon sommeil perturbé. Je n’ai pas eu froid. Hachi a plein de courbatures. Ce matin c’était en boitant que j’ai rejoint la salle du petit dejeuner. Je boite encore. Mais la difficulté de la montée, le coeur qui bat très fort, la peur, l envie de vivre font passer ce désagrément au second plan.

La 1ère heure de montée ( suivre E4 pas refuge C ) est agréable. Il fait chaud, y a de la végétation, la vue est belle.

Skala

Jusqu’à Skala, c’est différent. Il fait froid, on voit à 5 mètres devant seulement et on est souvent seul. Le dénivelé est important et les cailloux font glisser. Les chemins sont indistincts et on fait comme on veut.

Jusqu’à Mitikas, on est dingue. Arrivée à Skala, j’allais prendre le chemin vers Mitikas quand un grec m’a dit « stop it s dangerous » « why? » ça l a fait rire. Finalement je suis contente d avoir attendue.

C est l horreur le vide, les roches… le vide… mais c’est aussi sublime de dominer le Monde. Les quelques moments ou le soleil perce les nuages c’est very nice.

Je ne regrette pas d’avoir fait les gorges. Ca c était vraiment beau la première heure. Très rude, beaucoup de montée de marches importantes, après deux heures les petits ponts traversant le courant sont la! C’est beau. L’eau est bleu claire… on peut s’y baigner. Elle est fraiche et ca fait du bien. La dernière heure, c’est la forêt avec la cascade en bruit de fond.

A l’inverse jusqu’au refuge, les chemins sont larges et sentent le fumier frais.

A la place, des papillons c’est les mouches.

Faune du Mont Olympe

Ah ! On y go !

16h05

On a mis 3 heures à peu près pour redescendre finalement la descente était bien moins dure. Étrangement, on voit moins le vide et on fait plus attention a ses pieds et ses prises.

45 minutes de mitikas a skala.

Durant la première descente, j’étais avec Lea et la surprise au point de vue a été de retrouver Jami et Virginie. Perso, je suis impressionnée et fière qu elle soit montée jusque la. C’est bien et c’était le plus beau.

Du coup, j’ai fini le chemin jusqu’au refuge avec eux alternant francais anglais et grec. Et c’est comme cela qu’on a eu un débat sur la nécessité des médecins parallèlement aux médecines douces tout en anglais.

On a été trop fortes!

Au refuge, il y avait des mules et des chiens du coup j ai lâché Hachi pour les carresser.

Les gorges de l’enipeas

Hachi et Janni m’ont demandée au sommet pourquoi j’écrivais et je suis incapable de répondre !

Du coup, en route pour Thessalonique, je vous conte la suite des Gorges. Nous avions reperer le jour d’avant le chemin E4 afin d’être prêtes en sortant de l’hôtel. Sauf que voilà, nous nous sommes perdues dans Litohoro. L’entrée des gorges est vraiment cachée et finalement les indications sont rares.

Suivez E4 et direction les gorges, longez le cimetière puis vous arrivez a ce qui ressemble a une carrière ( de chantier ) a gauche et sur la droite des grilles. Approchez vous en. Le chemin est juste derrière.

La vous avez le choix, soit vous allez vers priona soit vers dion ( ce qui n’est pas indiqué dans le guide du routard ).

Une carte est inutile si vous suivez E4. Vous verrez, vous apprécierez ce petit E4 noir sur fond jaune qui devient un vrai leitmotiv.

Le début est plutot sympathique, vous longez le vide sur des chemins avec des barrières. Le dénivelé est correct… mais après une demi heure ouille, ca grimpe! Vraiment. Et les marches sont hautes en rondins de bois. Quelques papillons oranges, des lézards… après plusieurs heures vous vous mettez a compter les marches comme les 7 nains de blanche neige. « on rentre du boulot « .

La première partie étant peu ombrageé le soleil tape et vous enchaînez descente, montée comme dans les montagnes russes.

Après c est la cascade, les bois, le bruit des cigales, oiseaux… l air est plus frais. Les petits ponts en bois sont charmants.

En tombant sur la pancarte Priona vous êtes dans les prairies de fleurs avant de revenir vers la forêt . 500 m de dénivelés vous attendent .

Étrangement , on souffre plus des 1000 m qui suivent pour aller au refuge A ( ou l on apprécie la beaute du trajet a sa juste valeur durant la descente )

Mont Olympe

Et après ?

Après, on se sent invincible et seule. On a fait un exploit personnel, on a réalisé un rêve mais votre famille s en bat les couilles. Cela m a rendue trop confiante en moi. Et la chute m a fait perdre tout ce qui m était acquis.

Artémis a sacrifié son immortalité pour un homme : moi, mon rêve de traverser les rocheuses en autonomie pour l image en noir et blanc d un foetus qui joue avec des bulles.

Carnet Moleskine de voyage

L amitié plus forte que tout ? Non. J admire ma soeur qui a su conserver ses amitiés de tout temps. Pour ma part, je repense avec affection à ces amitiés, aux gens qu on était autrefois, à nos rêves et nos croyances.

Allez plus loin : Jeu Odyssee sorti l an dernier est extraordinaire de réalisme. Il est magnifique et peut se jouer de deux manières : stratège ou bourrin. J ai adoré les attaques fantômes des camps adverses. Et le décor sublime.

Les photos viennent de mon album personnel Photobox.

En espérant vous avoir fait voyager un petit peu pendant le confinement

Ayan

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