Jour 5

Un peu agacée.

18h44 8h26 de course et Chéri qui me dit « t’as envoyé aucun mail ».

Bah si ! J’aimerais lui répondre à travers le désert.

Sauf que moi, là, j’ai préféré me reposer aujourd’hui. Pierre, Martine , Olivier ( aussi présent dans la queue d’hier chez le médecin ) on discute. La fin a été dure aujourd’hui. Trop de sable. Pas assez reposée au CP2. ( 5h20) partie à 40 Du coup, fatigue, agacement et un peu de découragement.

Finalement, je suis arrivée et j’ai savouré mon thé. Trop bon 🙂

Les médecins s’inquiétaient un peu du coup. J’ai du leur dire non je suis fatiguée donc de mauvais poil mais je vais bien.

Elizabeth une canadienne 3 fois MDS m’a pris mon sac jusqu’à ma tente où je me suis effondrée pour souffler avant d’enfiler deux pâtes de fruits.

Au début, c’était sympa. Marche un peu douloureuse à cause des ampoules mais agréable. On est allé jusqu’à CP1 dans la caillasse. De loin on aurait dit qu’il y avait de l’eau. Mais non et après c’était une alternance de sols craquelés , de copeaux de chocolat blanc et d’herbes ensablées. La chaleur montait jusqu’à être insupportable au CP2.

Et après sable, sable, sable.

Quelques variantes toutefois :

Chèvres noires, scarabée à deux bandes rouges, odeur de romarin

***

Vu dans le désert :

* araignée scorpion avec son repas * Bouvier et ses traces dans le sable * Nids d’oeufs blanc entre les pierre * Gros criquet comme une main

***

La rumeur circule d’une tempête de sable qui approcherait.

***

La longue

14h21 pause au CP7 avec Philippe. Les pieds finissant par être douloureux à rester statique mais ça fait du bien de se poser avant les derniers kilomètres.

Un coca nous attend à l’arrivée et ça fait rêver. Et après… 42km et la médaille.

Enfin à chaque jour suffit sa peine.

Derrière nous, il devait y avoir 50 personnes mais on ne voit personne rentré dans le CP.

Le début

Un vent de face pendant une partie jusqu’au CP1 mais avec une vue au sommet superbe. Une belle descente dans la dune.

Puis des cailloux. Je me suis faite doublée par la goélette qui est peut être déjà arrivée d’ailleurs.

Puis on a traversé un village.

A la fatigue après 4h sous un soleil de plomb s’est fait sentir.

Samir et Christophe m’ont encouragée la Goelette aussi. Mais le moral diminuait.

On a traversé un champ de dunes où paraissait chevaux et dromadaires

On a même croisé des biquettes.

Après c’était une longue montée d’un jebel déjà fait en descente. La montée fut dure mais me permet de retrouver des gens et de ne plus être seule.

Au sommet la descente de la dune était de 25%

Autant dire flippante. J’ai eu peur et c’est Brigitte une des guides de Didier 67 ans PTG aveugle avec Gilles qui m’a aidée « laisse toi aller jusqu’à une pierre « « ça te dit de faire un truc rigolo : on va courir t’enfonces bien les talons et tu lâches la corde « Et c’était rigolo ».

Finalement, arrivé au CP3 je suis lessivée mais bien décidée à repartir.

Cyril un pote de Philippe qui veut abandonner décide de nous mettre ensemble avec Bruno. Finalement on ne sera que 2. On le retrouvera seulement au CP6 Bruno.

Du CP3 au CP4 je souffre Je marche ou plus sans me reposer. Je gémis grince des dents. Je suis vraiment mal. Mais je ne peux pas lâcher Philippe alors que lui voulait lacher. Je suis dans le rouge. Inlassablement je me répète « il faut que t’avances suis les guêtres bleues » Les docs s’inquiètent.

Et puis, c’est beau la nuit le désert.

Finalement au CP4, Philippe me laisse dormir presque 2h30 et je repars revigorée mais fatiguée.

On va enchainer toute la nuit des dunes de sables. Ici les étoiles sont magnifiques. C’était vraiment beau ( et chaque fois que je m’écroulais sur le sable je profitais de 5 minutes de paix. ) Enfin le deal c’était 5 minutes mais en réalité 2 voire une minute car je veux économiser mes temps de pause autorisés par Philippe « t’es maligne toi «

On croise une araignée scorpion enfin je me suis affalée de fatigue à côté sans faire attention.

Et on continue jusqu’au CP5 ou Cyril nous a fait fantasmer un coca. Mais arrivés la bas, à part l’immense structure lumineuse, chaise longue et bar vide, tous dorment.

Je mange avec délice mon hachis Parmentier froid. On se trouve une petite place pour dormir côte à côte« comme un petit couple « d’ailleurs les gens le pensent avec nos dossards similaires 1448 et 1449.

Et c’est au petit matin à la voix de Bauer et Eti que je me réveille en sursaut. » il est 7h » Mais non, pas d’inquiétude on est dans les temps. Il va faire chaud encore.

Étrangement aujourd’hui c’est l’inverse. Philippe souffre beaucoup des pieds moi moins. ( Demain est un autre jour : là j’ai mal par vagues)

Du coup , je parle , je raconte des histoires « c’est ça le MDS, ça vaut 3000 euros qu’une relation avec une étrangère se construise qu’on fasse un bout de chemin ensemble « il souligne les fois ou je me préoccupe de sa crème solaire, de ses pastilles de sel comme « un vieux couple »

On fera près de 63km ensemble. Et pas une fois, ça m’ennuiera.

Cailloux, mini dunes, enfants qui applaudissent, tous sont là pour faciliter les choses pour les concurrents

On finira l’épreuve main dans la main avec une singapournaise Angela qui était épuisée. Je l’encourage en français sachant bien qu’elle ne comprenait pas, motivant Philippe.

Le signe de la victoire et un coeur pour la webcam espérant que Mon chéri soit derrière et que Mon bébé voit mon sourire

En arrivant, j’ai le plaisir de voir Greg mon sourire s’élargit et encore plus quand sous la tente en cailloux y a écrit « bravo » – t’étais sur que j’allais finir ? – oui.

ça m’a touchée

Christian me donne mes mails que je lis avec autant d’avidité que je bois ma bouteille de coca.

Et me voilà à patienter encore pour la clinique. J’aurai préféré éviter. Mais finalement c’est pas mal.

Je me sens heureuse

Cette nuit c’était pas gagné même si j’ai jamais voulu abandonner, plus d’une fois j’ai voulu me poser.

D’ailleurs au CP4 après mon repas, je suis allée aux WC en boitant « tu viens ? » « ça va être dur mais oui j’ai le droit à combien de temps de pause cette fois ? « Philippe rit et on y est allé.

La nuit on se concentre sur les lucioles vertes pour s’orienter.

Les distances s’abolissant, l’horizon devient plus proche, le temps a une autre forme.

***

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s